La Cacherout

Observez les lois de la Cacherout chez vous et en dehors.

 

L'absorption de nourritures est indispensable à la vie mais nous sommes aussi ce que nous mangeons. La spiritualité juive ne s'exclue pas du monde. C'est dans le concret de l'existence qu'elle trouve d'abord son assise. Manger cachère c'est exprimer cette vérité extraordinairement profonde de notre foi.

 

Les lois de la cacherout sont complexes. Fondamentalement, hors des produits végétaux naturels, il ne faut consommer que des poissons pourvus d'écailles et de nageoires, de la viande cachère.

Les autres produits doivent avoir été reconnus cachers par une autorité compétente.

Pourquoi nous mangeons cachère.

 

Les lois alimentaires trouvent leur fondement dans les chapitres 11 du Lévitique et 14 du Deutéronome. Après avoir été transmis oralement de génération en génération, le détail de ces lois a été repris par la Michna et le Talmud.

 

Ces commandements s’inscrivent dans le cadre plus général du ritualisme juif à travers lequel est défini, en même temps qu’un chemin concret de vie, la possibilité d’une « circulation » entre matière et spiritualité. Par l’accomplissement des commandements, des mitsvot, il s’agit en effet de spiritualiser la matière même du monde, de faire apparaître l’Infini au cœur de la finitude. Car ne serait-il pas naïf de croire que l’Infini est  détaché de ce monde, comme en surplomb de la concrétude  triviale de nos vies ? Ce serait ainsi imaginer que D.ieu est plus proche des hauteurs spirituelles que du monde matériel, et, alors, L’assigner déjà  à une sorte de forme, à D.ieu ne plaise.

 

Quand au juif, le roi Salomon lui dit dans les Proverbes : « En toutes tes voies connaît-Le ». Nous servons D.ieu non seulement par l’étude ou la prière,  mais aussi par les actes les plus apparemment banals de notre vie au jour le jour : celui de s’alimenter par exemple. Ces actes, dès lors qu’ils sont l’expression de la Volonté divine sont un moyen de se lier à l’Essence de D.ieu : la mitsva est un lien qui apporte l’élévation à qui l’accomplit.  Et si la consommation de nourritures cachères a sans doute des effets favorables sur notre santé corporelle, il ne faut y voir qu’une conséquence du bienfait spirituel qu’elle nous apporte.

Les règles essentielles.

 

Seules les viandes, lait et œufs de certaines espèces animales sont autorisées à la consommation.

 

Un animal terrestre est cachère sous deux conditions : être un ruminant et posséder des sabots fendus. Il doit avoir été abattu rituellement.

 

En ce qui concerne les oiseaux ils sont en principe cachères à l’exception des  espèces mentionnées au chapitre 11 du Lévitique.  Cependant nous ne savons plus aujourd’hui identifier avec certitude ces espèces et, pour cette raison, nous ne consommons plus que les espèces traditionnellement connues pour être cachères : poules, oies, dindes, certaines espèces de canards domestiques et de pigeons qui doivent aussi avoir été abattus rituellement. On doit vérifier que les œufs ne comportent pas de tâches de sang avant de les consommer (l’utilisation d’œufs blancs est à cet égard préférable).

 

Les poissons ne sont cachères que s’ils sont pourvus d’écailles et de nageoires. Les fruits de mer sont interdits.

 

Les fruits et légumes, les céréales avant  traitement industriel sont généralement cachères à condition d’être débarrassés de tout insecte.

 

Le vin et le jus de raisin doivent être l’objet d’une certification rabbinique.

La viande (y compris les volailles) et le lait ne peuvent jamais être mélangés. Ils doivent être préparés et consommés dans des vaisselles différentes et un intervalle (variable suivant les coutumes et pouvant aller jusqu’à six heures) doit séparer leur consommation.

 

Le lait doit être « surveillé » et garanti par une autorité rabbinique. A défaut d’un tel lait, certaines de ces autorités admettent sans la recommander la consommation de lait non surveillé lorsque les pouvoirs publics exercent un contrôle très strict assurant que le lait est un pur lait de vache et ne contient aucun produit étranger.

 

Les fromages, compte tenu de leur procédé de fabrication, doivent toujours être l’objet d’une certification.

La plus grande circonspection doit présider à la consommation de produits industriels.

 

La certification rabbinique est indispensable pour des produits dont la version

« grand public » contient par définition des éléments non cachères.

 

L’Acip édite, par ailleurs, une liste de produits sélectionnés dont la composition et les modes de fabrication ne paraissent pas poser problème.

 

L’application concrète des règles de la cacherout, dont seuls les principes essentiels ont été ici exposés, est complexe. Si, en particulier, vous souhaitez

« cachériser » votre cuisine, n’hésitez pas à prendre contact avec le Beth Loubavitch ou l’un de ses délégués.

L’abattage rituel.

 

Le judaïsme, sur le fondement de sources bibliques et talmudiques, interdit de causer une souffrance inutile à un animal (ainsi, la chasse est-elle de facto interdite à un juif). C’est donc avec une particulière exigence qu’il légifère sur le mode d’abattage des  animaux autorisés à la consommation.

 

Le personnage central du processus est le cho’het qui n’a rien de commun avec les habituels préposés à l’abattage. C’est d’abord un juif connu pour sa piété (gage qu’il veillera à appliquer scrupuleusement l’ensemble des règles religieuses qui concernent son activité). C’est ensuite un homme qui a suivi une formation approfondie, a passé un examen théorique et pratique sur les lois de la che’hita (l’abattage rituel) ainsi que sur l’anatomie et la pathologie animales. Il a enfin effectué un stage avec un Cho’het expérimenté avant de recevoir sa pleine qualification.

 

Il faut ensuite s’arrêter à la spécificité du couteau employé. Le cho’het ne peut utiliser qu’un couteau au tranchant parfait, le ‘halaf. Ce tranchant doit être vérifié avant et après l’abattage, la plus petite irrégularité de la lame entrainant la disqualification de l’abattage effectué. Par ailleurs, un minimum et un maximum définissent la longueur de cette lame.

 

Le processus d’abattage proprement dit consiste à couper la trachée et l’œsophage en veillant au strict respect de règles parmi lesquelles notamment :

 

  • che’hiya, le retard : il ne doit y avoir aucun retard, aucune interruption dans l’action du cho’het. C’est par un mouvement continu que celui-ci doit opérer ;

  • derassa, la pression : Il est interdit d’effectuer la moindre pression sur la lame pendant ce processus : l’incision s’effectue du seul fait du tranchant de la lame,

  • hagramah, le glissement : l’incision doit impérativement être faite dans des limites précises sur le cou, à la hauteur du polygone de Willis dont la conformation particulière aux ruminants entraine une perte de conscience immédiate de l’animal par arrêt de tout apport sanguin au cerveau et donc son insensibilité à la douleur.

 

L’exsanguination qui suit est indispensable en vertu de la loi religieuse juive qui interdit formellement la consommation du sang. Elle est en tout état de cause nécessaire pour des raisons d’hygiène alimentaire(le sang se corrompt rapidement), l’abattage rituel ayant l’avantage de permettre une exsanguination maximale.

 

Le cho’het doit encore procéder à un double contrôle. Par un examen à la fois visuel et tactile des organes et vaisseaux sectionnés, il s’assure que l’abattage a été correctement effectué. Il examine aussi les organes de l’animal, en particulier les poumons, afin de vérifier qu’ils ne comportent pas d’anomalie ou de défaut le rendant non cachère.

Les institutions Habad francophone de Netanya "Or Menahem"

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